Ecce Homo Festivus
Ecce homo, voici l’homme, tels furent les mots de Ponce Pilate lorsqu’il présenta Jésus à la foule, battu et couronné d'épines. Dans la série d’aquarelles Ecce Homo Festivus, il ne s’agit pas du Christ, et encore moins de l’homo sapiens, l’homme savant, qui fut notre ancêtre, mais bel et bien de homo festivus, citoyen moyen de la post histoire, « fils naturel de Guy Debord et du Web », inventé par Philippe Muray, essayiste et romancier français, né en 1945 et décédé en 2006. Il est entendu aujourd’hui que nos sociétés occidentales post modernes se sont vautrées dans une longue et interminable fête, et dorénavant, les fêtes à proprement parler, les party, s’auto célèbrent; on fête la fête. Mais à l’inverse du Christ, fils de Dieu devenu Homme, homo festivus aspire à la déification festive, ou tout du moins à être le roi de la soirée, le party monster. Les fêtes deviennent alors un moyen d’élévation, un passage obligatoire à quiconque souhaitant dignement faire partie de l’élite de ce monde ; les participants se vouant un culte à eux-même, en tant que membre de cette société, chacun peut devenir Dieu. Le clubbing représente les douze travaux d’homo festivus. La fête « a rempli le cadavre vidé de la structure divine ».
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